Présentation

Recommander

Créer un Blog

Jeudi 22 février 2007 4 22 /02 /2007 14:19

Depuis quelques jours, la température extérieure s’était rafraîchie, et les arbres commençaient tout doucement à se dépouiller de leurs feuilles. Christian les regardait parfois tournoyer gracieusement jusqu’au sol. Son coeur était à l’unisson de cet automne empreint à la fois de la beauté des ors mourants et d’une certaine tristesse…Il aimait cette saison qui reflétait, lui semblait-il, une part de lui-même qu’il n’aurait su expliquer.

Ce jour-là, la fille de salle vint le chercher au réfectoire à la fin du repas, et lui demanda de venir dans sa chambre. Arrivés là, elle lui demanda de faire une toilette rapide et de se changer, car il allait quitter l’hôpital. Ce fut pour lui une bonne nouvelle, mais aussi une source d’anxiété, ne sachant pas ce qu’il allait advenir de lui.

La dame en gris était là, à l’accueil, en compagnie d’une infirmière qui avait Jocelyne dans les bras, et de la sœur concierge. Christian fut très heureux de renouer le lien fraternel, et l’échange de sourires parla de lui-même… Un taxi attendait dans la rue, et après quelques minutes de trajet, ils arrivèrent à la gare de Saint Maixent. Comme à l’accoutumée en cette saison, le ciel s’était assombri, et la grisaille s’était installée. Ils traversèrent le hall et se retrouvèrent sur le quai. Ils attendirent un peu, et Christian était tout plein de curiosité impatiente : il allait, pour la première fois, voyager en train ! Celui-ci arriva enfin le long du quai : c’était un autorail rouge et blanc de deux wagons, avec sa drôle de petite guérite sur le toit, une « Micheline » comme on disait alors. Ils s’installèrent. Christian prit d’autorité la place à côté de la fenêtre, et devint immobile. Dans un frémissement d’abord imperceptible, le train bougea et le paysage commença à défiler lentement devant les yeux écarquillés de l’enfant. Bientôt, il devint impossible d’entendre les conversations, à mesure que la vitesse augmentait. Pin-Pon Pim-im-im-im-imp ! Christian sursauta sur son siège. Le train venait de faire entendre sa voix puissante… Petit à petit, il s’habitua au vacarme et à la vitesse, et à l’intérieur de son corps, il ressentit bientôt des petits chatouillis, son cœur se mit à battre un peu plus fort : c’était un pur bonheur ! Il regardait avec un plaisir sans mélange le paysage arriver et disparaître rapidement devant lui, et, par moments, il découvrait des immensités jusqu’à l’horizon lointain qui lui donnaient confusément des sentiments d’explorateur.

Puis le train ralentit et s’arrêta. Ils descendirent et gagnèrent l’extérieur, où un taxi les attendait. Après un trajet très court, il se rangea devant un grand bâtiment où ils entrèrent.

Dans le hall, en face d’eux, un escalier monumental s’élevait, mais, à la grande surprise de Christian, ils se dirigèrent vers une porte au coin d’un couloir, et ils commencèrent à descendre un autre escalier, beaucoup plus étroit, dans un total silence…

Par Chris - Publié dans : Histoires d'avant
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Jeudi 8 février 2007 4 08 /02 /2007 07:44
Nos jumelles grandissent tranquillement sous la bienveillante attention de leur frère. Elles ne marchent pas encore, mais se déplacent alertement à quatre pattes, à la recherche des trésors cachés...

A bientôt...
Par Chris - Publié dans : Au quotidien
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Jeudi 18 janvier 2007 4 18 /01 /2007 14:10

Le temps s’écoulait lentement, trop lentement au gré de l’enfant. L’école lui permettait de s’occuper l’esprit, mais il se sentait un peu perdu parmi les autres enfants d’âge varié - c’était une classe à plusieurs niveaux – et ses préoccupations personnelles étaient trop présentes à son esprit dès qu’il allait dehors. Il n’arrivait que difficilement à se mêler aux jeux collectifs de la récréation. Il était solitaire et triste.

Dès qu’il rentrait dans sa chambre, à l’hôpital, c’était pire encore. La tristesse se transformait en véritable désespoir qui évoluait souvent vers des crises de larmes. L’infirmière qui s’occupait des enfants avait remarqué son état, et s’efforçait de ne pas le laisser seul. Mais après l’extinction des lumières du soir, la solitude s’installait de nouveau avec lui dans son lit, et il ne trouvait que tardivement un sommeil généralement perturbé.

Heureusement, le printemps revenu, il vit arriver les fins de semaine avec plaisir, car le dimanche était le jour de promenade à l’extérieur des murs, en compagnie d’une infirmière accompagnatrice. Leurs pas les conduisaient souvent le long de la grande avenue Denfert-Rochereau. Il y avait là un chemin piétonnier bordé de tilleuls et de gazon. Les enfants pouvaient s’y déplacer ou jouer en toute sécurité. Le temps filait plus vite, et Christian aimait beaucoup cette nature apaisante. D’autres fois, ils allaient à la piscine, à une demi-heure de marche, et ils pouvaient s’y tremper les pieds quand le temps le permettait. Sinon, ils pouvaient jouer sur l’herbe dans l’enceinte fermée de l’établissement. Là encore, le grand air, le bruissement du vent dans les peupliers, la douceur de la température extérieure, celle de l’herbe odorante où il s’allongeait en fermant les yeux, lui apportaient un apaisement feutré dans lequel il arrivait à oublier sa peine.

Les semaines, et les mois passèrent. L’année scolaire s’achevait. Une année s’était écoulée depuis son arrivée à l’hôpital. Les vacances de juillet et août succédèrent à la sortie des classes sans changement notable dans les occupations de l’enfant. Mais son désoeuvrement  lui pesait de plus en plus, et son moral s’en ressentait. Septembre s’invita dans son ennui. Mais il voyait arriver avec intérêt la rentrée prochaine, car il avait découvert que l’école lui plaisait…

                                                                                                          A suivre…

Par Chris - Publié dans : Histoires d'avant
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander
Lundi 11 décembre 2006 1 11 /12 /2006 08:46
Nous savons tous que dans les deux hémisphères les saisons sont inversées. Ici nous sommes entrés dans l'été austral, et il commence à faire très chaud. Cependant, comme partout ailleurs, nous préparons la crêche de Noël. Nous avons choisi cette année de faire ce qu'on appelle "une crëche ouverte" sur un mètre quatre-vingt de long, une mini-scène champètre avec un torrent (fictif bien sûr) qui traverse tout le paysage. Nous avons utilisé, pour les rochers et le sol, de la scorie rouge sortie de notre volcan à 1300°, il y a très, très longtemps. La photo suivante vous montre une partie de notre composition (en construction): A La Réunion, le temps de Noël, et donc des vacances, s'annonce à travers deux arbres symboles que sont les flamboyants et les letchis. Je ne résiste pas au plaisir de vous présenter un magnifique flamboyant:

A tous ceux qui verront cet article, je souhaite un Joyeux Noël et une très Bonne Année 2007.
Par Chris - Publié dans : Au quotidien
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander
Lundi 4 décembre 2006 1 04 /12 /2006 15:36
Je viens de me livrer à un examen de mon blog depuis sa création. Voici les stats:
Date de création: 4 avril 2005
Nombre de pages vues jusqu'à ce jour: 2053
658 visiteurs uniques (en moyenne 34 par mois)
octobre 2006: 369 pages vues (meilleure fréquentation)

Commentaires visiteurs: 0 (zéro) !!!

J'ai pourtant pas l'impression d'être nul ! Au secours ! Rassurez-moi !!

N'y a-t'il donc que des voyeurs sur le net? Moi j'appelle ça la curiosité du trou de serrure...

Moralité: J'envisage de fermer le blog avec l'année. Comme dit le bon sens populaire: " Pas de nouvelles, bonnes nouvelles." Bye!
Par Chris - Publié dans : Au quotidien
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Jeudi 2 novembre 2006 4 02 /11 /2006 12:54

FEU DE BOIS

Dans l'âtre

Un feu de bois.

Dehors le vent

Gémit

Une rafale a frappé l'huis.

"Entre et ferme la porte

Aux souvenirs!

Pourquoi ne t'assieds-tu pas?

Vas-tu repartir

Sur le lointain nuage

Des rêves engloutis?

Le vent emporte les feuilles

Mortes

Fuite du temps qu'on ne peut saisir...

Pourquoi tes cheveux cachent-ils

Ton visage?

Qui es-tu?

L'Amour?

La Mort peut-être?

Ou simplement l'Amie

Des jours heureux?

Visage diaphane

Ton sourire

Est-il une promesse? "

Une rafale

Heurte la vitre

Et tu disparais,

Pendant que dansent

Des langues de feu

 De bois...

Quand reviendras-tu?

 

Par Chris - Publié dans : Au quotidien
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 2 novembre 2006 4 02 /11 /2006 12:01
Alors que le Piton de la Fournaise, nous régale d'une éruption prolongée depuis deux mois, à l'intérieur de l'immense cratère principal, et que l'hiver austral prenait fin progressivement, un front glacé venu du sud a brusquement refroidi le climat, et nous avons eu la surprise, au matin du 15 octobre dernier, de découvrir la crête de notre volcan couronné de neige, tout celà visible de notre région côtière, à une dizaine de kilomètres de là: une rare merveille qui se reproduit en moyenne tous les trois ans. Je vous laisse admirer:



Par Chris - Publié dans : Au quotidien
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 30 septembre 2006 6 30 /09 /2006 09:46

L’attente (2)

Les jours passaient, trop lentement. Au début Christian s’ennuya ferme. Il se sentait très isolé, et sa nature timide ne l’encourageait pas à se lier. Il était tout entier à ses réflexions, qui tournaient dans sa tête, encore, et encore… Il finit par se faire des copains parmi les quelques enfants qui partageaient son attente. La plus grande des filles, âgée d’environ sept ans, l’avait pris en amitié, et l’aidait dans sa vie quotidienne. Elle aussi, cependant, restait de longs moments pensive et triste, et puis, brusquement, sa nature rieuse reprenait le dessus, et elle entraînait Christian dans des promenades vers les jardins de l’hôpital, derrière les bâtiments. La seule chose que Christian n’aimait pas était de devoir traverser des couloirs qui sentaient l’éther, et cette odeur particulière qu’il retrouverait plus tard dans les structures collectives où dormaient de nombreux pensionnaires. Mais les promenades au jardin le ravissaient, et l’aidaient à oublier momentanément sa situation. Parfois venaient des visiteuses dans le service de séjour des orphelins. Une femme jeune, célibataire, environ la quarantaine, apportait avec elle des menus cadeaux ou des sucreries, et lisait de temps en temps des histoires aux enfants. Et puis il y avait aussi une adorable petite grand-mère, très vieille, très courbée, toujours souriante, qui, très souvent, caressait les joues et les cheveux de ses petits protégés. Elle demanda un jour à l’infirmière du groupe, de la prendre en photo avec « ses » petits. Ces deux femmes apportaient toujours avec elles des rayons de soleil dans la grisaille des jours sans fin.

La température de l’air avait baissé, et les beaux jours s’en étaient allés tout doucement. Les feuilles des tilleuls et des platanes jaunissaient. L’automne était là. Un après-midi, Christian trouva sur son lit des vêtements repassés et pliés. La femme de salle lui dit qu’il les mettrait le lendemain sans lui en donner la raison. Cette nuit-là, il dormit très mal. Il était inquiet.

Au petit matin, il se leva un peu plus tôt que d’habitude, et après la toilette et le petit-déjeuner, il enfila sa tenue propre. La fille de salle le confia à une autre infirmière, qui l’entraîna bientôt dans la rue. Christian était à la fois content de retrouver l’extérieur des murs, et troublé de ne rien savoir de sa nouvelle destination. Mais l’attente fut brève. Après quelques minutes de marche, ils arrivèrent dans une cour d’école où se trouvaient déjà de nombreux élèves de son âge.
 Un monsieur souriant les accueillit et très vite Christian se retrouva seul dans cette foule, complètement effrayé. Une cloche retentit, et tous les enfants se mirent en rang devant l’entrée de la classe. Au signal, ils entrèrent. La classe était meublée de longues tables noires où huit élèves s’asseyaient côte à côte. A chaque place, un trou dans le bord de la table recevait un encrier de porcelaine. Ils se mirent derrière le banc et attendirent que tout le monde soit en place. Le maître de la classe fit alors un signe de croix, imité par tous, et une courte prière commença. Christian se contenta d’écouter, car cet enchaînement de mots et de phrases lui était inconnu. Puis ils s’assirent et une journée de classe commença. Il fallut à Christian quelques jours pour s’habituer, mais petit à petit, il prit goût à ses nouvelles occupations. Il se fit des copains rapidement, et oublia quelque peu sa tristesse.

De l’autre côté de la rue, il y avait l’église, monumentale, imposante, décorée sur les côtés de gargouilles effrayantes. Christian n’aimait pas trop les regarder, mais, avec ses copains, il lui arrivait de rentrer dans l’église pour voir le bedeau sonner les cloches pour l’angélus. C’était un spectacle à part entière. Trois cordes descendaient du plafond, chacune passant par un trou.

Le bedeau commençait par tirer sur les cordes l’une après l’autre, et son élan augmentait progressivement. Au début il ne se passait rien de spécial. Mais tout à coup, on entendait une cloche tinter, puis une autre, et encore une autre. Le bedeau relançait l’élan sur les cordes ; le volume et la fréquence des tintements augmentaient. Au plus fort de la sonnerie, le bedeau laissait sa main agrippée à une corde au moment où elle était à son plus bas niveau, et, devant les yeux écarquillés des enfants, il s’envolait pour un bond vertical de trois ou quatre mètres, avant de venir se reposer sur le sol. Ses spectateurs, subjugués, béaient d’admiration.

Un peu plus tard, le bedeau leur permettrait à tour de rôle de s’envoler modérément à leur tour vers le plafond, et de sentir leur cœur et leur ventre les chatouiller très fort.

Assez vite, Christian fut autorisé à se rendre à l’école et à en revenir seul. Ce fut pour lui une bouffée d’oxygène, car il ne se pressait pas à rentrer après le travail. Il aimait musarder un peu, et au lieu de rejoindre l’hôpital il partait quelques minutes dans la direction opposée, pas loin, où se trouvaient la rue commerçante et tous ses magasins pleins de trésors. C’était aussi la rue qu’il avait habitée avec sa mère. Deux magasins l’attiraient particulièrement : une boulangerie pâtisserie, avec ses gâteaux dorés, et une chocolaterie fine, plus loin dans la rue.

Il allait souvent jeter un coup d’œil sur la vitrine de la boulangerie, mais il en revenait toujours un peu déçu, car il ne disposait pas du moindre centime pour soulager sa gourmandise. Un jour, pourtant, alors qu’il s’était assis au bord du trottoir devant l’école, il découvrit, à sa grande surprise, une pièce dans le caniveau. Cinquante centimes qui brillaient à quelques centimètres de sa main. Une fortune pour lui qui n’avait jamais eu d’argent à lui. Il jeta un coup d’œil à la ronde. Personne. Il ramassa la pièce, et tout naturellement, se dirigea vers la boulangerie. Il entra le cœur battant, et d’une voix hésitante, demanda à la boulangère quelques macarons dorés et des bonbons pour compléter la somme. Puis il sortit avec ses trésors. Ce jour-là, il entrevit le paradis…

Par Chris - Publié dans : Histoires d'avant
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 29 septembre 2006 5 29 /09 /2006 15:39
Alors que la métropole est entrée dans l'automne, La Réunion est dans une période que nous appelons "le changement de saison". Nous avons des journées ensoleillées et chaudes, mais aussi des périodes d'alizés très ou moyennement forts, qui viennent du sud et donc sont très froids (pour nous).  C'est par conséquent le retour des chauds et froids qui entraînent des rhumes, grippes, etc... pour qui ne fait pas attention. Pour le reste tout va bien. Les moustiques nous laissent tranquilles.
La famille va bien, et les petits enfants poussent. Vous trouverez de nouvelles photos dans les albums. Ne boudez pas votre plaisir...!
Je me suis remis à l'eau avec ma bouteille de plongée. La mise à l'eau est glaciale (langage tropical: 22°). Vivement novembre (mer à 27°). Je vous joins un ou deux clichés. A bientôt.





Par Chris - Publié dans : Au quotidien
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Jeudi 24 août 2006 4 24 /08 /2006 16:45
La porte s’ouvrit lentement sur une religieuse. Il y eut un bref conciliabule, et la dame revint vers la voiture. Elle prit Jocelyne sur son bras, et dit à Christian de passer devant elle. Il arriva à la porte et leva les yeux vers la religieuse. Elle était revêtue d’une longue tunique grise serrée à la taille par un gros cordon tressé dont les extrémités pendaient sur le côté. Elle avait la tête recouverte d’une sorte de bonnet blanc encadré par un tissu blanc lui aussi, empesé, rigide, qui se cassait sur les épaules en forme d’ailes. Son visage plutôt âgé, allongé, aux traits fins, était empreint de bonté. Elle souriait. Christian fut frappé par l’énormité du trousseau de clés qui pendait à sa ceinture. Elle s’effaça pour laisser entrer le petit groupe, et referma la porte d’entrée. Christian regarda autour de lui. Il devinait déjà que cet endroit allait être sa nouvelle demeure.
Il se trouvait au bord d’une grande cour, d’une sorte de jardin d’agrément, bordé sur trois côtés par un large passage cloitré avec des colonnes. Le quatrième côté était l’envers du mur de la rue. Au dessus du passage couvert, un bâtiment immense s’élevait vers le ciel. Trois étages de pierre grisée par le temps, parsemés de grandes fenêtres en ogive, toutes fermées.Christian ressentit tout à coup la peur de l’animal pris au piège, une envie irrésistible de franchir de nouveau la porte de la rue. Mais il savait bien que ce n’était plus possible, et il se demanda en lui-même ce qu’il allait devenir.
Ils firent le tour de la cour pour se retrouver à l’opposé. Arrivés là, la religieuse confia les deux enfants à une fille de salle vêtue d’un tablier de toile bleue, et d’un fichu blanc. Puis la religieuse et la dame repartirent vers l’entrée. La fille de salle amena immédiatement Christian dans un grand dortoir d’une dizaine de lits, et lui dit : " Voici ton lit, et l’armoire dans laquelle tu pourras mettre tes affaires personnelles. Nous nous occuperons de ton linge. Tu peux ranger tes affaires maintenant." Et elle lui tendit le petit sac que la dame avait apporté avec elle.
 La jeune fille repartit avec Jocelyne sur son bras et Christian commença à ranger ses maigres trésors. Il eut vite terminé, et s’assit sur son lit. Il resta là quelques instants, se demandant ce qu’il pourrait bien faire. La matinée était maintenant bien avancée et l’heure de midi approchait. Soudain, Christian entendit un brouhaha à l’extérieur, et bientôt un groupe d’enfants entra dans le dortoir. Trois garçons et six filles, dont l’âge s’échelonnait entre trois et sept ans environ. Le groupe s’arrêta en découvrant le nouveau venu, et un silence pesant s’installa. Christian les regarda un à un sans rien dire. Il se découvrait soudain très timide. Puis la plus grande des filles, guère plus âgée que lui lui demanda comment il s’appelait. Il répondit d’un ton un peu hésitant. Elle le prit par la main, et lui dit : "Viens. On va au réfectoire." Il se laissa entraîner, et bientôt il se retrouva à table avec les autres, dans une pièce aux dimensions modestes. Une cantinière apparut portant un empilement de grandes gamelles retenues latéralement des deux côtés par un montant métallique qui servait aussi de poignée. L’odeur de nourriture lui paraissait engageante. Aussi se laissa-t’il aller à penser qu’il ne tarderait pas à s’habituer à ses nouvelles conditions de vie. Mais une question le taraudait déjà : Où était Jocelyne? Allait-il être séparé de sa deuxième sœur ?...

(à suivre)
Par Chris - Publié dans : Histoires d'avant
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés