Quelques semaines avaient passé. L’été finissait. Un matin, une petite voiture s’arrêta devant la maison. Une dame en descendit et vint frapper à la porte. La gardienne ouvrit.
La visiteuse était de petite taille, avec un visage un peu lunaire sous un chapeau rond à large bord, légèrement incliné sur l’oreille. Elle portait un long manteau gris à ceinture. Un bref dialogue s’engagea. Christian comprit confusément pourquoi il s’était levé plus tôt que d’habitude, et pourquoi la gardienne leur avait passé, à lui et à sa sœur, des vêtements propres.
Un sac rebondi était posé sur une chaise du petit salon. La gardienne embrassa Christian et Jocelyne avec un regard triste. Puis la visiteuse passa le sac sur son épaule et, prenant le garçon par la main et la petite fille sur l’autre bras, les entraîna vers la voiture. C’était la première fois que Christian montait dans une automobile, et il était émerveillé. Il ne pensait déjà plus à ce qu’il venait de quitter. Il ignorait qu’il ne reviendrait plus là.
Le voyage fut très bref. La voiture descendit la longue avenue, puis tournant à droite et encore à droite, passa devant l’Ecole des Sous Officiers, et s’engagea dans une rue étroite, bordée sur environ cent mètres par un très haut mur de calcaire sombre. Elle s’arrêta tout près d’une porte de bois massif ancien, et appuya son doigt sur la sonnette. Les enfants étaient encore dans la voiture, et Christian , voyant tout cela se demanda avec appréhension ce qu’ils allaient devenir.
(à suivre)
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