Ils sortirent rapidement de la ville et se dirigèrent vers la campagne : des champs à perte de vue, ceinturés de haies, des pâturages où paissaient quelques vaches, ça et là, et puis des chaumes qui attendaient le labourage d’automne. Le soleil s’était invité au voyage, et Christian, comme à son habitude, savourait les grands espaces, les paysages qu’il découvrait avec gourmandise, les vols d’oiseaux, les moineaux dans les haies, quelques bandes d’hirondelles attardées, des étourneaux au loin… Il suivait tout cela avec des yeux écarquillés, et la tête un peu bourdonnante…
Peu de temps après leur sortie de la ville, un clocher carré était sorti de la ligne d’horizon, comme planté au loin au milieu de la route. Et pendant tout le reste du voyage, l’édifice resta en ligne de mire : la voiture semblait se diriger vers lui. Bientôt, ils quittèrent la route principale et s’engagèrent sur une autre route plus petite. Au bout de quelques minutes, ils entrèrent dans un petit village aux rues étroites, et finalement le véhicule s’immobilisa dans une vaste cour entourée de bâtiments : une petite maison d’habitation à un étage, des granges où l’on apercevait un tombereau et quelques outils agricoles à traction animale, et quelques modestes remises fermées. Dans la cour, des volailles inquiètes s’étaient déjà éloignées dans un froissement d’ailes.
Christian et Jocelyne étaient enfin arrivés dans ce qui allait être leur nouveau foyer.
Pendant qu’ils descendaient de l’automobile, une femme était sortie de la maison. Vêtue simplement, à la paysanne, elle semblait approcher de la cinquantaine d’années. Elle avait un visage avenant, éclairé d’un sourire accueillant. Elle fit quelques pas pour se porter au devant des visiteurs. Ayant salué la tutrice, elle les fit entrer.
Après être passé dans un petit vestibule, ils furent introduits dans la pièce principale d’habitation. C’était une salle au sol de terre battue aussi dure que du bois, au centre de laquelle trônait une immense table bordée de chaque côté de deux bancs. C’est la première chose que vit Christian, mais sa surprise fut encore bien plus grande lorsque son regard rencontra la majestueuse cheminée, deux fois plus haute que lui, avec des chenets à boule de cuivre et une crémaillère toute noire. Contre le mur d’en face il y avait un lit à deux places recouvert d’un édredon, et entre le lit et la cheminée, contre le mur, se dressait un buffet, sur lequel on remarquait un gros poste de radio.
Un lit d’une personne, en fer forgé peint en blanc, était au pied du plus grand lit.
La tutrice des enfants s’adressa alors à Christian : « Mes enfants, voici votre nouveau foyer. Cette dame s’occupera de vous pendant quelques temps. Vous serez mieux ici qu’à l’hôpital. Christian, tu iras à l’école du village dans quelques jours. J’espère que vous serez bien, et que vous serez obéissants. Je prendrai de vos nouvelles régulièrement. Je vous dis donc à bientôt. Nous allons décharger vos valises. »
Une dizaine de minutes plus tard, Christian vit la petite voiture quitter la cour, avec un serrement de cœur, et il sentit une main prendre la sienne, pendant qu’une voix lui disait : « Viens, entrons chez nous … »
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C'est toujours avec beaucoup d'émotions que je lis votre histoire. J'attends avec impatience votre arrivé chez pépé Georges.
Bisous Sandrine